Le dernier panorama des prêts à l'habitat publié par la Banque de France le 16 septembre 2026 donne une photographie assez révélatrice du marché immobilier actuel.
À première vue, le crédit fonctionne à nouveau normalement. Les banques prêtent, la production s'est stabilisée et le nombre de transactions a nettement retrouvé des couleurs par rapport au point bas traversé par le marché.
Mais lorsqu'on regarde les chiffres plus attentivement, la situation apparaît plus nuancée. Le financement est revenu, certes, mais les ménages restent prudents et l'environnement économique des prochains mois pourrait encore modifier les équilibres.
Un marché du crédit qui s'est stabilisé
Depuis le quatrième trimestre 2024, la production mensuelle de nouveaux crédits immobiliers évolue entre 11 et 13 milliards d'euros, hors renégociations.
La Banque de France comptabilise également 1 017 000 ventes de logements sur douze mois à fin juillet 2026. Le marché n'est donc plus dans la situation de contraction brutale observée quelques années auparavant.
Pour autant, cette reprise ne s'accélère plus vraiment : le nombre de transactions ne progresse que de 0,5 % et les prix des logements anciens en France métropolitaine reculent encore de 0,9 % sur un an au deuxième trimestre 2026.
Nous sommes davantage dans une phase de stabilisation que dans un véritable nouveau cycle haussier.
Des taux qui remontent déjà légèrement
Le taux moyen des nouveaux crédits immobiliers atteint 3,30 % en juillet 2026. Il a augmenté de 22 points de base depuis le début de l'année et retrouve à peu près son niveau du début de 2025.
La Banque de France constate que cette remontée concerne toutes les durées de crédit, mais davantage encore les emprunts de 20 ans et plus, qui représentent aujourd'hui la grande majorité des financements immobiliers.
Dans le même temps, la durée moyenne d'un nouveau prêt atteint 22 ans et 8 mois. Pour les primo-accédants, elle monte même à 23 ans et 10 mois.
Ces durées longues jouent un rôle d'amortisseur : elles permettent de maintenir une mensualité compatible avec les revenus des ménages. Mais elles montrent également que les possibilités d'allonger encore fortement les crédits deviennent limitées.
Près de 40 000 euros d'apport personnel en moyenne
Autre donnée significative : l'apport personnel moyen approche désormais 40 000 euros.
Il reste inférieur aux niveaux records atteints en 2023, mais il confirme qu'accéder à la propriété suppose encore une mobilisation importante de fonds propres.
Il serait néanmoins faux d'en déduire que le crédit immobilier est désormais réservé aux ménages les plus aisés. Les primo-accédants représentent encore 43,9 % de la production de nouveaux crédits et 58 % des emprunteurs disposent de revenus inférieurs à trois SMIC.
Le crédit reste donc accessible. Simplement, les arbitrages sont devenus plus serrés entre apport, durée du prêt, mensualité, surface recherchée et localisation.
Le recul du prêt relais, un chiffre particulièrement intéressant
Un indicateur du rapport mérite peut-être davantage d'attention que les autres : les prêts relais ne représentent plus que 6,4 % des nouveaux crédits immobiliers.
Après avoir progressé entre 2018 et 2022, leur part diminue globalement depuis 2023.
Il faut rester prudent dans l'interprétation : ce chiffre ne permet pas, à lui seul, de déterminer précisément les motivations des ménages. Mais il peut être lu comme l'un des signes de la prudence actuelle du marché.
Acheter un nouveau logement avant d'avoir vendu le précédent suppose d'avoir suffisamment confiance dans sa capacité à vendre dans un délai raisonnable et à un niveau de prix relativement prévisible. Or, dans un marché plus sélectif, cette visibilité est moins évidente.
De nombreux propriétaires préfèrent donc sécuriser une étape avant d'engager la suivante. C'est une situation que nous rencontrons régulièrement dans l'Ouest parisien : le projet d'achat existe, le financement également, mais il reste conditionné à la vente préalable du bien actuel.
Cela participe directement à ralentir certaines chaînes immobilières.
Un pouvoir d'achat immobilier qui ne progresse presque plus
La Banque de France relève une très légère amélioration du pouvoir d'achat immobilier au deuxième trimestre 2026, essentiellement liée au recul des prix. Mais elle souligne également que celui-ci reste globalement stable depuis la fin de l'année 2024.
Ce constat est important. La reprise du marché ne repose donc pas sur une amélioration spectaculaire de la capacité d'achat. Elle tient davantage à une adaptation progressive des différents acteurs : vendeurs ayant parfois ajusté leurs prix, acquéreurs ayant revu certaines exigences, banques revenues sur le marché et ménages ayant reconstitué leur apport.
Cet équilibre existe, mais il reste relativement étroit.
Pourquoi les prochains mois seront à surveiller
Depuis les données de juillet publiées par la Banque de France, l'environnement des taux s'est de nouveau tendu. Le 10 septembre 2026, la Banque centrale européenne a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point. Elle anticipe désormais une inflation moyenne de 3 % en 2026 et de 2,5 % en 2027.
Cela ne signifie pas que les taux immobiliers français augmenteront automatiquement dans les mêmes proportions. Leur évolution dépend également du coût de refinancement des banques, des taux obligataires, de leurs marges et de la concurrence entre établissements. Mais cela réduit probablement les possibilités d'une amélioration rapide des conditions de financement.
À cela s'ajoute un autre facteur : l'incertitude. Dans ses projections économiques, la Banque de France souligne elle-même que les incertitudes politiques et budgétaires pourraient s'intensifier à l'approche du budget 2027 et des prochaines échéances électorales, avec le risque de renforcer les comportements attentistes des ménages.
Pour l'immobilier, la confiance compte presque autant que le taux du crédit. Un ménage peut parfaitement avoir les moyens d'acheter et décider malgré tout d'attendre quelques mois lorsqu'il manque de visibilité sur son emploi, sa fiscalité, son pouvoir d'achat ou l'évolution générale du marché.
Quel impact pour le marché immobilier des Yvelines et de l'Ouest parisien ?
Dans des marchés comme Saint-Germain-en-Laye, Le Vésinet, Chatou, Croissy-sur-Seine, Maisons-Laffitte, Louveciennes ou Versailles, les moyennes nationales doivent toujours être maniées avec prudence.
Les niveaux de prix, les profils d'acquéreurs, l'importance de l'apport personnel et la rareté de certains biens créent des marchés très différents les uns des autres.
C'est probablement l'un des enseignements les plus intéressants de la période actuelle : il devient de plus en plus difficile de parler d'un seul « marché immobilier ». Un bien bénéficiant d'un très bon emplacement, présentant peu de défauts et proposé à un niveau cohérent peut encore rencontrer rapidement son acquéreur. À quelques rues de là, un autre bien peut connaître une commercialisation beaucoup plus longue parce que son prix, ses travaux ou certaines caractéristiques réduisent fortement le nombre d'acheteurs potentiels.
Le retour du crédit n'a pas supprimé cette sélectivité. Et si les conditions de financement se tendent davantage dans les prochains mois, elle pourrait encore s'accentuer.
Le juste prix devient de plus en plus spécifique à chaque bien
Dans ce contexte, raisonner uniquement à partir d'une moyenne de prix au mètre carré ou de la dernière vente enregistrée dans un quartier devient insuffisant.
La question est davantage de savoir quel acquéreur peut réellement acheter un bien aujourd'hui, avec quel apport, quel financement et quelles alternatives à sa disposition.
Le « juste prix » devient alors moins une donnée théorique qu'un point de rencontre entre trois réalités : la valeur intrinsèque du bien, les attentes du vendeur et la capacité d'achat du marché au moment de la vente.
Le panorama de la Banque de France montre finalement un marché qui a retrouvé des mécanismes de financement plus normaux, sans avoir retrouvé pour autant la facilité des années précédentes. Le crédit fonctionne. Les acheteurs sont présents. Les transactions se réalisent.
Mais la prudence reste forte et l'équilibre encore fragile.
Sources : Banque de France, « Panorama des prêts à l'habitat des ménages – juillet 2026 », publié le 16 septembre 2026 ; Banque de France, Projections macroéconomiques de juin 2026 ; Banque centrale européenne, décision de politique monétaire du 10 septembre 2026.
Chez Créhange International, nous accompagnons les acquéreurs dans l'analyse complète des appartements et des copropriétés à Saint-Germain-en-Laye, Le Vésinet, Chatou, Croissy-sur-Seine et dans les Boucles de Seine, afin de leur permettre de prendre une décision éclairée.